Le gouvernement vient donc d'annoncer son projet de réforme concernant les retraites.
Il fallait bien faire quelque chose pour arrêter l'hémorragie financière du système de retraites (actuellement déficitaire à hauteur de 10% environ et comblé par l'emprunt ! ).
Tous les pays confrontés aux mêmes problèmes font la même chose: décaler l'âge de départ à la retraite, y compris les pays dirigés par des socialistes, comme l'Espagne. Et encore le font-ils avec un âge de départ plus élevé que celui que propose le gouvernement français.
Les prélèvements fiscaux supplémentaires quant à eux, s'il faut en faire, sont à réserver, à mon avis, au budget de l'Etat, qui est actuellement fort déficitaire.
Pour ma part, je suis concerné. Etant né en 1954, l'âge de départ à la retraite est porté à 61 ans et 4 mois. Seize mois de plus !
Par ailleurs le nombre d'années de cotisations pour un taux plein est de 41,5 années. Pas de problème puisque j'ai travaillé à partir de 18 ans, et cotisé pendant le déroulement des mes études supérieures.
Supposons que je vive jusqu'à 88 ans. J'aurais ainsi passé 70 ans dans le système de répartition, une partie du temps à me dépouiller d'une fraction du fruit de mon travail pour alimenter le système, une partie du temps à bénéficier du système.
Avant la réforme, le découpage aurait été de 42 ans de versements, et 28 ans à en bénéficier soit un ratio de 66% .
Après la réforme, le découpage sera de 43,5 ans de versements et 26,5 ans à en bénéficier, soit un ratio de 61%.
Le système actuel étant déficitaire de 10%, je trouve tout à fait normal que le ratio, le rendement de mes versements retraite soit amputé de 10%, à niveau de pension égal.
Or 66% multiplié par 0,9 fait approximativement passer à 60%.
Je ne trouve donc rien à redire à cette mesure qui est nécessaire compte-tenu de l'évolution démographique d'une part, et de l'évolution défavorable du taux d'emploi dans notre pays, ce qui est lié aux délocalisations des emplois industriels, que je regrette.
La gauche se ridiculise en critiquant cette évolution dans le but de caresser dans le sens du poil une population qui, non informée, ou désinformée, trouve anormal qu'on lui retire l'acquis d'une retraite à 60 ans.
Sur un tract de la CGT je lis ceci (reproduit in extenso) :
De l'argent, il y en a..... On oublie toujours,quand on raisonne sur l'avenir des retraites que le PIB progresse d'environ 1,6% par an, et qu'il double, à monnaie constante, tous les 40 ans.
Actuellement, nous avons 10 actifs pour 4 retraités. Ils produisent 100. Aussi la part de chaque personne est de 7,14 (100:14)
Dans 40 ans nous aurons 10 actifs pour 8 retraités. Ils produiront 200. Aussi la part de chaque personne est de 11,1 (200:18)
Autrement dit , pour la CGT, et je suppose aussi pour Martine Aubry, on se portera mieux encore dans 40 ans lorsque chaque salarié aura à sa charge pratiquement un retraité !
Pourquoi ? Parce que, d'ici là, la mécanisation aidant, chaque salarié produira plus ! On reste confondu par la simplicité du raisonnement.
Si ce raisonnement était valable, le régime agricole ne serait pas déficitaire, puisque la mécanisation permet de produire plus avec moins de gens. Or pas du tout! Le régime de retraite des agriculteurs et déficitaire, et les agriculteurs actifs sont paupérisés. Pourquoi ? Parce que les prix des produits agricoles n'ont pas été conservés en monnaie constante. Ils ont diminué (on a des prix qui parfois n'ont pas bougé , ou sont même plus faibles qu'il y a 30 ans), pour le plus grand bénéficie des consommateurs, qui peuvent consacrer des sommes à d'autres produits que la nourriture, à savoir des téléphones portables sophistiqués, des jeux vidéos, ...
Avec des raisonnements et des calculs faux, avec des propos démagogiques et lénifiants, on prétend diriger un pays ? Dominique Strauss-Kanh doit rougir de confusion en entendant les bêtises de Martine Aubry.
Quel drôle de ménage font-ils, avec la mère qui promet la lune à ses gosses, leur mentant sur la situation réelle des finances de la famille, où n'en étant pas vraiment consciente, et le père qui, réaliste, expérimenté, se lamente de ne pas porter la culotte à la maison.
