"Ces évènements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs"
C'est cette citation de Jean Cocteau, reprise dans le titre du livre de Francois Ascher (2001) , que Martine Aubry a dû méditer avant d'arriver aux Universités d'Eté du PS à La Rochelle.
Et la voila donc, désormais favorable à un système de primaires pour désigner le candidat du PS aux élections présidentielles de 2012.
C'est donc à un véritable TOP 14 de la vie politique à gauche auquel nous allons assister, avec sa phase régulière, puis sa phase finale.
Ces joutes devraient être passionnantes. Mais va-t-on parler de la France, de ses problèmes, et des solutions pour y remédier? Va-ton parler de l'Europe, continent avant tout culturel, et de la candidature controversée de la Turquie ? Va-t-on apporter des réponses aux français qui se disent que demain sera moins rose qu'aujourd'hui, et que la génération suivante vivra moins bien que la précédente? Va-ton porter le bon diagnostic sur les violences urbaines, et préconiser les mesures qui s'imposent, ou va-t-on une fois de plus pratiquer l'angélisme d'un Jospin qui lui valut un échec cinglant ?
Martine Aubry a semble-t-il scandé une intervention agressive envers le pouvoir, émaillée du slogan "à gauche toutes" qui sent la naphtaline, et le niveau de son discours n'était pas très relevé dit-on, genre "maîtresse d'école". J'imagine la tête de certains vrais tribuns du PS !
Mais elle a dévoilé au moins une de ses idées pour la gouvernance de la France en énonçant cette phrase ahurissante. "Je suis contre la taxe carbone de Sarkozy car son produit risque d'être affecté à la réduction de la dette au lieu d'être affecté à des compensations sociales".
La réduction de la dette, la vertu budgétaire, elle s'en tape ! Si on taxe la France qui travaille, il faut que le produit de la taxe vienne alimenter la France qui tend la main !
Plus on fait cela, plus il y a de gens qui tendent la main, et moins ceux qui contribuent peuvent s'en sortir eux-mêmes. Cela devient non viable, comme la commune de Grigny (Essonne), qui vient de passer sous tutelle du préfet. Les dépenses, sociales en particulier, s'y envolent. Les recettes à contrario y baissent. Et l'augmentation de 40% des impôts locaux va accélérer le processus en chassant tous les gens qui payent des impôts. Il ne restera que des demandeurs d'allocations diverses.
La compensation sociale, elle existe naturellement !
Si on fait un ratio contribution / consommation, le ratio est nul jusqu'à l'entrée dans la vie active, il est de l'ordre de 2,5 pendant la carrière de 40 ans environ, et ensuite, il est à nouveau nul pendant la retraite. La contribution est la valeur ajoutée produite. La consommation est la somme dont on dispose pour consommer. Un ratio nul signifie que l'on arrive à consommer sans produire quoi que ce soit.
Mais le problème est que de très nombreuses personnes dans la force de l'âge, bien au delà des chiffres du chômage, ont une contribution nulle. Et comme ils ont une consommation non nulle, celle-ci est alimentée par la compensation sociale, ce qui est normal, mais devrait rester à petite échelle, car on sait que ce n'est pas viable lorsque les proportions sont trop importantes. Il ne faut pas encourager la compensation sociale, car on cherche vainement chez certains une volonté de se passer de ce qui est considéré comme un dû.
Martine Aubry, et le PS avec elle, veut accentuer la compensation sociale à l'occasion de cette taxe carbone qui, bien entendu n'est qu'un impôt de plus et qui devrait toucher tout le monde, pour qu'il atteigne son objectif secondaire de faire changer les comportements de gaspillage d'énergie, l'objectif primaire étant tout simplement d'avoir l'argent pour payer les fonctionnaires, car la France en est là, à avoir des problèmes de fin de mois, avec un emprunt de 1 milliard d'euros par jour, les jours pairs pour rembourser la dette, les jours impairs pour payer les fonctionnaires, en empruntant un peu plus.
Martine Aubry veut faire de la compensation sociale avec de l'argent qu'elle n'a pas. Tant que la France est en déficit, elle n'a pas les moyens de faire cette compensation, dont on a vu qu'elle se faisait dans des proportions non viables.
Qui nous préservera d'une telle idéologie qui nous a conduit là où nous en sommes, c'est-à-dire au bord du précipice ?