Est-ce la ligne de Benoit Hamon, le porte-parole du PS qui accuse François Hollande d'appartenir à l'aile droite ?
Le Maire de Dijon François Rebsamen dénonce l'irréalisme de Benoit Hamon et dit de lui : «Il n'est pas élu local, il ne connaît pas la complexité, il n'a pas été se confronter à la vie dans les quartiers, je pense que c'est ce qui manque aujourd'hui à quelques dirigeants du Parti socialiste»
Est-ce la ligne des Hollande, Valls, Moscovici, Collomb, Strauss-Kahn ? Des gens sérieux, pondérés. Des gestionnaires responsables.
Il y a bel et bien au PS des analyses de la société qui sont foncièrement différentes.
Pour Michel Sapin, proche de l'ancien premier secrétaire du parti, la méthode Hamon «revient à faire la liste des courses avant de regarder ce que l'on a dans son porte-monnaie». Les réformistes
demandent que le parti adopte des positions «crédibles». «Quand vous êtes dans l'opposition, c'est à la portée de n'importe qui de dire tout et son contraire, assène le maire de Lyon,
Gérard Collomb, ajoutant: Seulement, quand vous êtes au pouvoir, c'est oui ou c'est non. À un moment, il faut trancher.» Les adversaires d'Hamon le soupçonnent de s'être livré, avec son
rapport, à une manœuvre tactique pour ancrer le PS à gauche.
Que veut Hamon ? Se présenter à l'élection présidentielle si Dominique Strauss-Kahn, jugé pas assez à gauche, se présentait ? Son courant "Un monde d'Avance" où figure également Emmanuelli, le pousse-t-il à s'émanciper ? Cette velléité explique-t-elle sa promesse de revenir sur l'allongement à 41,5 ans de la durée de cotisation retraite, qui avait pourtant été entériné par la direction du PS ?
Manuel Valls a réagi ainsi : «Faisons attention à la mélenchonisation des esprits. Quand on est porte-parole du PS, il faut non seulement défendre le projet que nous avons adopté, qui intègre l'allongement de la durée de cotisation, et aussi être bien conscient que l'élection de 2012 se joue sur la question de la crédibilité et de la vérité.»
Quel projet de société sera celui du PS aux présidentielles ? A ce jour, personne ne peut le dire.
Je crois cependant que le PS est actuellement en train de tomber dans un piège tendu par Sarkozy. Avec une réforme des retraites bien expliquée, bien justifiée, les gens ne seraient pas descendus dans la rue, le PS n'aurait pas fait de surenchère, l'aile gauche du PS ne se serait pas senti pousser des ailes. Tandis que là, Sarkozy aura en face de lui des excités peu crédibles dont il lui sera facile de démontrer l'irréalisme, l'incompétence.