Jeudi 21 mai 2009

Dans une interview donnée au journal La Montagne, avant sa mutation dans une autre région, le préfet Dominique Schmitt été bien gentil avec les instances socialistes auvergnates qu il a été amené a cotoyer.


Au chapître des reproches à leur faire, il n'a relevé que la rengaine puérile sur "le désengagement de l'état", et a donné quelques chiffres intéressants, qui indiquent que l'Auvergne reçoit plus d'argent de l'Etat qu'elle n'en collecte :

Taxe d'apprentissage : 22 millions collectés, 32 millions dépensés
Budget général            :  4 milliards collectés, 6 milliards dépensés

L'argent de l'Etat, c'est nos impôts, et si donc on voulait dépenser plus, il faudrait collecter plus, non merci. 

On critique la dîme du Moyen-Age, mais aujourd'hui les prélèvements sont bien au dela des 10%.  On atteint des sommets. Aujourd'hui, celui qui se lève tous les matins pour aller travailler se voit taxer d'environ 50% des fruits de son travail, et ne reçoit en échange quasiment rien. 

Il faudrait que les dirigeants nationaux fassent en sorte de mettre au travail le maximum de gens, car même s'ils subissent cette situation, pour ceux qui sont en pleine force de l'âge et qui sont sans travail, c'est exactement l'inverse qui se produit.

Mais revenons au préfet. Il aurait pu relever l'amateurisme avec lequel ces instances socialistes ont géré des dossiers tels que l'incinérateur, le Nouveau Pont sur l'Allier.

La question du traitement des déchets a été concédée par nos instances élues à une entité non issue des urnes, le VALTOM. Cette entité a ensuite échappé au contrôle des politiques, puisque, alors que ces derniers avaient changé d'avis sur l'opportunité d'un incinérateur, le Valtom a persisté dans ses choix initiaux, et alors que l'ensemble des politiques de l'agglomération rejetait de façon claire et publique l'incinérateur, s'est permis de défier les politiques en signant un contrat quasiment irréversible avec la société VERNEA. Pourquoi cet entêtement, pourquoi cette faveur incroyable accordée à une société privée Vernea? Quels arguments cette société a-t-elle déployés ?

Cette traîtrise aurait dû être dénoncée dès le lendemain de cette signature et le Valtom aurait dû être dissout, quitte à payer un dédit à la Vernéa pour prix de l'imprudence dans la délégation qui avait été faite au Valtom. Imagine-t-on dans le privé, une filiale continuer dans une direction réprouvée par la maison mère ? 

Au lieu de celà, nos politiques locaux ont laissé traîner, et aujourd'hui le projet d'incinérateur redevient d'actualité. La pénalité de dédit à payer à Vernéa sera forcément plus importante aujourd'hui qu'hier. Rappelons qu'à ce jour, il n'a pas été donné un seul coup de pioche.  On parle d'une pénalité de 20 à 30 millions d'euros.

Le même amateurisme se retrouve au niveau du Nouveau Pont sur l'Allier. Il est bien connu que l'on engage pas un tel investissement sans des documents justificatifs du besoin à satisfaire. 

Or, nos instances politiques, à travers, là encore, un organisme dédié aux questions d'urbanisme, le SEPAC, n'avait pas, en temps utile, fait apparaître le besoin du pont sur l'Allier à Cournon, dans son document de schéma directeur appelé le SCOT.
En l'absence de tels documents, le projet a été retoqué. La préfecture a eu beau jeu d'expliquer que si on faisait le projet en ne respectant pas les formes, et si un opposant requerrait le Tribunal Administratif, celui-ci stopperait sans états d'âme le chantier.

Le même amateurisme dans la gouvernance se retrouve au niveau des transports urbains. Un déficit arrive subitement à la connaissance de certains politiques locaux, membres de la SMTC. On a rien vu venir, ou alors des chiffres avaient étés cachés, c'est grave. Soit on a publié de "faux bilans", soit certains ne savaient pas lire les comptes.

Par contre, je dois corriger une erreur concernant les 6 autobus stockés à Cournon. D'après Olivier Arnal, ces autobus étaient en test, et n'ayant pas donné satisfaction, ils n'ont jamais été achetés. Ils appartiennent toujours à la société privée qui cherchait à les vendre, et c'est cette société qui paye le loyer mensuel de l'aire de stockage. L'argent public n'est pas en cause dans cette affaire m'assure-t-on.


 

Par Jean-Pierre Galinat - Publié dans : Divers
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