Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 08:56

Ces jours-ci, à l'instar de Didier Migaud, DSK, Michel Rocard et Gérard Collomb, on entend la parole et les écrits de quelques personnalités lucides au Parti socialiste. 
 
Le Parti Socialiste a nié complètement la nécessité de jouer sur l'âge de départ en retraite pour solutionner le déficit structurel actuel et futur du système par répartiton. Contribuant à infantiliser le corps social, il a appelé à descendre en masse dans la rue le 24 Juin.

 

C'est d'abord le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, ancien député PS de l'Isère, qui estime dans un entretien au Monde que «pour répondre aux problèmes de financement à court et moyen terme, il faut agir sur l'ensemble des paramètres : l'âge, la durée de cotisation, les prestations, le montant des cotisations et l'assiette, l'élargissement des recettes».

 

C'est ensuite Dominique Strauss-Kahn qui, au-delà de son appel à ne pas faire des 60 ans un «dogme», a vu l'institution qu'il dirige, le FMI, publier une note sur la France selon laquelle «le gouvernement accorde à juste titre une attention particulière à une réforme des retraites visant à repousser l'âge effectif de départ».

 

C'est aussi Michel Rocard, ancien premier ministre et auteur d'un livre blanc sur les retraites, qui juge dans France Soir qu'«en faisant de l'âge légal un symbole, le PS est encore en train de se tromper de combat». Rocard  estime que que la réforme du gouvernement est «courageuse», même si «beaucoup de problèmes ne sont pas tranchés».  «Le PS a du mal à devenir ce qu'il devrait être profondément: un parti social démocrate», a expliqué Michel Rocard dans un entretien à France-Soir.  «Pour moi, c'est une des premières fautes de Martine Aubry qui, par ailleurs, fait du bon boulot. (...) Là, elle a commis une erreur en étant trop sensible au poids des symboles.»

 

Dans cet entretien, Michel Rocard revient sur le Conseil des ministres où François Mitterrand a décidé d'abaisser l'âge légal de 65 à 60 ans, en 1981: «Tous les ministres en charge de l'économie - même Fabius et surtout Delors - étaient effondrés, décomposés. Moi aussi. Mais il s'agissait de faire plaisir au Parti communiste et de magnifier le caractère social du gouvernement». «Le résultat a été la sacralisation de ce chiffre de 60 ans», déclare-t-il.

 

«Au total, avec cette réforme, nous allons gagner un répit de dix ans sur le plan comptable. Ce n'est pas rien dans cette période d'inflation énorme, de déficits et de dette», assure l'ancien Premier ministre. Selon lui, il faudra sûrement une nouvelle réforme des retraites «dans dix ans ou peut-être avant».

 

Michel Rocard  juge par ailleurs que «faire reposer les retraites sur la fiscalité» est «absurde et dangerosissime», ce que dont je suis profondément convaincu moi-même. Quand on a un déficit du budget de l'état, on ne va pas détourner de nouvelles recettes fiscales pour financer les retraites. Pour financer les retraites, on joue sur le système de retraites lui-même, en particulier sur l'âge de prise de la retraite !

 

Récemment, le maire de Lyon Gérard Collomb  a pouffé de rire à l'idée que les socialistes rétabliraient l'âge légal à 60 ans s'ils devaient remporter l'élection présidentielle en 2012. «Lorsque la gauche sera confrontée à l'exercice du pouvoir, elle sera bien obligée de prendre en compte les réalités», a-t-il dit sur Europe 1.

 

Martine Aubry et son numéro deux Harlem Desir, n'ont aucun désir de se laisser convaincre, mais au contraire, désirent continuer à surfer sur la vague de 1981, de l'élection de François Mitterand, père de la retraite à 60 ans et du Ministère du Temps Libre.

 

Qu'il est loin ce temps, à l'heure où tous les pays européens croulent sous une dette qui en grande partie estampillée "socialiste", et où la Grèce en est arrivée à accepter l'idée de vendre une partie de son territoire (quelques unes de ses îles inhabitées) comme l'avait suggéré le député allemand Josef Schlarmann.

   

Sur le terrain, les socialistes seraient plutôt enclins à suivre Martine Aubry dans sa négation des réalités, par réflexe de la défense des acquis, et parce que donner plus d'avantages pécuniers aux électeurs est plus porteur électoralement que de supprimer ces avantages (on achète les voix en quelque sorte).  Mais attention, si les gens, éclairés par les médias, qui sont de moins en moins complaisants avec qui que ce soit, se rendent compte que c'est la misère pour eux et leurs enfants qui est au bout des raisonnements socialistes, il donneront un grand coup de pied dans la fourmillière et qui sait ce qui en sortira.

   

   

Par Jean-Pierre Galinat - Publié dans : Divers
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